IN MEMORIAM

IN MEMORIAM 

La « LETTRE DE L’ORDRE » rappelle le souvenir des confrères dont nous avons appris le décès depuis le dernier numéro. 
Cette rubrique est ouverte à tout médecin qui, pour des raisons personnelles, affectives ou professionnelles,
souhaite évoquer le souvenir ou rendre un dernier hommage à un confrère disparu.

 

Les hommages
Les confrères disparus
HOMMAGE AU DOCTEUR LOUIS BOURDIOL

Docteur Louis Bourdiol. 24 Mars 1931-10 Octobre 2021

Louis Bourdiol est né le 24 mars 1931 à Montarnaud. Son père y était médecin généraliste, issu de la faculté de Montpellier. Il était originaire de Mèze où sa famille paternelle possédait une fabrique de futaille. Sa mère était originaire de Pignan issue d’une famille de propriétaires, terme consacré dans notre Languedoc. Jusqu’à l’âge de 10 ans, il a été scolarisé à Montarnaud, puis, a poursuivi ses études secondaires à l’Enclos Saint François. très vite,
il se passionne pour la chimie, avant même de rejoindre le lycée en classe de sciences expérimentales. En 1948, il est reçu avec mention à la deuxième partie du baccalauréat, et s’inscrit en faculté des sciences pour le PCB, qui donne alors accès aux études médicales. A l’âge de 20 ans, alors qu’il est en deuxième année de médecine, Louis a la douleur de perdre son père, alors âgé de 49 ans. Il n’est plus question de succession, alors son attrait pour la chimie lui fait rejoindre l’équipe de biochimie dirigée par le professeur Paul Cristol, entouré de Christian Bénézech, jeune agrégé, de Jacques Llory et André Crastes de Paulet, chefs de laboratoire.
Il est nommé moniteur de travaux pratiques et prend la responsabilité du laboratoire de chimie situé sur le toit des cliniques Saint Charles. C’est l’occasion pour lui de participer aux travaux de l’équipe de pédiatrie animée par les professeurs Jean Chaptal et Roger Jean. Pendant cette période, il accumule les certiVicats d’études spécialisées: sérologie, chimie médicale à la faculté de médecine, chimie biologique et biologie générale à la faculté des sciences. La libération d’un poste de chef de travaux en médecine légale est l’occasion pour lui à partir de 1956 d’une collaboration de quelques années avec le professeur Jean Fourcade, d’où une thèse au croisement des deux disciplines sur les implications médico-légales de la phénothiazine. Il complète sa formation par plusieurs certiVicats: médecine légale, médecine du travail, et par un diplôme d’études pénales. Il gardera toute sa carrière une activité d’expert près les cours d’appel de Nı̂mes et de Montpellier.
De 1951 à 1958, sa période universitaire, Louis Bourdiol a participé aux publications scientiViques et aux enseignements des équipes dont il a fait partie. Il est alors appelé sous les drapeaux. Son service militaire se déroule en pleine guerre d’Algérie, après qu’il ait effectué un stage à l’hôpital du Val de Grâce. Il y rencontre Henri Laborit, médecin de marine, qui avait codiVié l’utilisation de la Chlorpromazine, objet de son travail de thèse.
Il est successivement affecté à l’hôpital Alphonse Laveran à Constantine, puis sur divers lieux de combat où il doit prendre en charge des soldats aux blessures atroces. Il est démobilisé en 1960, et gardera toute sa vie le souvenir de cette terrible période. Eu égard aux aléas d’une carrière universitaire toujours hypothétique, Louis Bourdiol fait le choix de s’installer comme médecin biologiste en créant en 1961, avec son ami Jean-Claude Corbière, un laboratoire d’analyse. Cinq ans après, il prend en charge la part biologique du nouveau centre de santé de Castelnau le Lez qui va devenir la clinique du Parc.
Il participe très activement au succès de cette entreprise en étant chef de laboratoire et en devenant administrateur. il y fera une carrière brillante. C’était, me disait Jean-Pierre Reynaud, un biologiste « à l’ancienne », pétri de l’humanisme qui caractérise l’Ecole de Médecine de Montpellier. Louis Bourdiol a témoigné de sa satisfaction devant l’oeuvre accomplie lors de la commémoration en 2017 des 50 ans de la clinique du Parc, entreprise de médecins amis qui s’étaient connus à l’internat et qui, bien que de personnalités très différentes et de caractères pas toujours faciles, avaient su créer un outil d’excellence, partageant la même passion. Je ne développerai pas les autres dimensions de sa vie: ses passions, ses drames, notamment le décès accidentel de Marie-Françoise, qu’il avait épousée en 1960 à son retour d’Algérie.
Louis Bourdiol était un homme rassurant, un homme de paix. Nous transmettons toute notre sympathie à son épouse Claire et à ses enfants.
Docteur Michel VOISIN


 

HOMMAGE AU DOCTEUR EDITH AMSALLEM
Le Docteur Edith Amsalem s'en est allée, Dermatologue dans les pays d'Agde, elle va laisser un grand vide tant au niveau humain que professionnel.
Au revoir Là-Haut Edith.
Docteur Jean GIUDICELLI
 



HOMMAGE AU DOCTEUR FRANCOIS VIDAL

Une vie bien remplie.
Plusieurs vies, aurait mieux convenu. Médecin spécialiste en endocrinologie et  maladies de la nutrition, il s’est battu pour donner à sa discipline le statut qu’elle a, celui d’une spécialité reconnue. Membre du Conseil de l’Ordre des Médecins de l’Hérault pendant des décennies il  y a assuré les fonctions de trésorier. Juge rigoureux et humain il siégeait  à la Chambre Disciplinaire de l’Ordre des Médecins. Il était aussi impliqué dans la vie associative. Voyageur infatigable, enfin. Tous ceux qui l’ont connu s’accordent pour le décrire comme un homme intelligent, travailleur, curieux de tout, discret et tolérant. Nul sectarisme chez lui qui, selon son épouse, professait que « la foi n’était qu’une forme d’espérance.»

François Vidal, né le  6 février 1941  a fini de souffrir en ce début du mois d’avril 2021, après avoir combattu avec courage, dignité et en silence une maladie qui tout en laissant   ses facultés intellectuelles intactes, le limitait lentement et progressivement dans ses mouvements. Médecin, il ne pouvait ignorer le pronostic catastrophique de cette horrible maladie. On ne l’entendait pas se plaindre, et tant qu’il a pu,  il a exercé son métier, recevant les nombreux patients qui lui faisaient confiance, prouvant par là  qu’on peut continuer à travailler au lieu de rechercher, comme cela se voit trop souvent, les bénéfices secondaires de ses maladies.

Le Docteur Vidal s’était battu pour que sa spécialité soit reconnue par l’État, s’acharnant  jusqu’à obtenir satisfaction. Il ne supportait  pas que n’importe quel charlatan propose au public de pseudos remèdes au prétexte d’améliorer la nutrition. Il exerça son métier avec compétence, dévouement, sérieux ne se laissant pas embarquer dans des polémiques comme à l’époque de l’affaire dite du Lévothyrox. Son savoir, il le transmettait à ses confrères à travers l’association des médecins endocrinologues libéraux du Languedoc-Roussillon (AMER.L) qu’il présida pendant 20 ans. Il participait ainsi  à la formation continue de ses confrères et assurait des vacations à l’hôpital de Béziers et au CHU Lapeyronie de Montpellier.

Homme de cœur il a été fondateur, administrateur et trésorier pendant 25 ans de l’association dans l’intérêt des handicapés adultes profonds, ADIHAP,  et  fut  à l’origine de la création du foyer Isabelle-Marie à Quarante et de la villa de socialisation à Capestang. Il se rendait régulièrement dans ces établissements, se sentant redevable envers les maltraités de la vie,  lui qui disait avoir beaucoup reçu.

Dans ses activités ordinales il était constamment réélu et occupa pendant de nombreuses années le poste délicat  de trésorier. Sa rigueur permit à notre institution d’avoir des finances  stables et de pouvoir  les utiliser dans l’entraide aux confrères et à leurs familles dans le besoin.

À la Chambre Disciplinaire ses avis toujours modérés, pris après réflexion et non sous l’influence de la passion, étaient écoutés. Il n’hésitait pas lors des délibérations à faire entendre la voix de la sagesse alors que les débats  semblaient s’égarer.

Mais c’était mal connaître notre ami sans évoquer d’autres  pans entiers de son existence. Curieux du monde il fut un grand voyageur, négligeant les palaces pour se rendre au plus près des hommes et des civilisations. C’est ainsi qu’il parcourut les Montagnes Rocheuses aux États-Unis, le Canada, la Réunion, le Népal, la Russie, la Jordanie, Israël, l’Égypte, la Crète, la Grèce, toute l’Europe et aussi l’Afrique : Mali, Libye Tunisie Algérie Maroc. C’était aussi  un sportif accompli qui pratiquait le ski, le vélo la randonnée dans des conditions extrêmes (au sommet du Népal,  lors de la traversée des Alpes).

Mais où trouvai-t-il le temps ? Peut-être parce qu’il faisait tout avec précision, rigueur et même une certaine lenteur ce  qui n’était pas de la procrastination  mais lui permettait de réfléchir. On retrouve là le médecin qui établit son diagnostic avec le plus grand soin !

Ce n’est pas tout : il était passionné par la nature  et se délassait par la pêche à la truite et la cueillette des champignons, faisant lui-même ses confitures de framboise. C’était aussi un grand lecteur et un amateur de musique, en particulier celle de Bach qu’il  adorait.

 Plusieurs vies, toutes bien remplies, avec de multiples activités exercées méthodiquement, sans emballement, voilà l’exemple que nous donne François Vidal.

Le Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins de l’Hérault s’incline devant sa mémoire et adresse à son épouse Maitre Catherine Vandroy, avocat à Béziers et à ses trois enfants Isabelle, Jean Victor, Jean-Gabriel, ses vives  condoléances.
Docteur Marcel DANAN



HOMMAGE AU DOCTEUR FRANCOIS VIDAL

Le docteur françois VIDAL s’en est allé.

Au temps où l’Ordre veillait au caractère intemporel de nos serments ainsi qu’à la haute moralité de notre exercice, il en illustrait parfaitement le rôle au sein de notre conseil.

A l’extrême limite de ses forces trop brutalement déclinantes, il poursuivit cette activité ainsi que ses consultations, malgré les difficultés.

La mesure de sa tenue et de ses paroles allait de pair avec une qualité d’analyse et une précision de la synthèse. Il fut ainsi un parfait thérapeute très apprécié.

Puisse ce bref hommage auquel s’associent tant de ses amis, atténuer la peine de son épouse, de sa famille et de ses proches. François, nous sommes avec toi.
Docteur Jacques R.DUBOURDIEU
 



HOMMAGE AU DOCTEUR FRANCOIS VIDAL
« Le plus dur pour un ami c’est de parler de lui au passé ».

Il en est ainsi pour le docteur François Vidal, je parlerai de lui comme médecin et de notre amitié.

Le docteur François Vidal était une grande figure médicale. Installé dans sa ville de Béziers, il fut un des premiers à pratiquer la compétence d’endocrinologie et maladies métaboliques qu’il a réussi à faire reconnaître comme une spécialité à part entière.

Il a pratiqué sa discipline, dans son cabinet, au centre hospitalier de Béziers, au CHU de Montpellier, maintenant à jour ses connaissances, perfectionnant son savoir, nécessaire dans une longue carrière médicale vue la rapidité des découvertes et de leur mise en œuvre. Il sut aussi en faire bénéficier ses confrères.

Son exercice pendant 50 ans montre l’attachement réciproque entre le praticien et ses patients qui l’ont suivi jusqu’à l’extrême limite de ses forces.

Ses qualités personnelles et son expérience dans la pratique médicale ont été reconnues unanimement ; ainsi il a été élu au Conseil départemental de l’Ordre des médecins de l’Hérault, réélu plusieurs fois. Il y a siégé une quinzaine d’années.

Son efficacité lui a octroyé le rôle et la responsabilité de trésorier où, s’entourant des compétences nécessaires il a mené à bien cette tâche délicate.

Elu ensuite au Conseil régional de l’Ordre des médecins du Languedoc-Roussillon, il siégea à la chambre disciplinaire pour maintenir les valeurs de l’exercice médical par le respect de l’éthique et de la déontologie redressant et sanctionnant ceux qui méritaient de l’être. Ses avis dans les décisions prises ont toujours été empreints de compréhension, de prudence et d’impartialité.

Alors qu’il pouvait envisager un avenir heureux, il fut touché par la maladie. Dès les premiers symptômes, il a assumé le diagnostic et affronté sans faiblir les effets avec clairvoyance et courage jusqu’à la fin. Personnellement j’ai eu l’honneur de côtoyer le docteur François Vidal tout au long de ses activités et responsabilités médicales et de bénéficier de son amitié au cours de cette vie si riche qui l’avait conduit à s’engager dans plusieurs associations caritatives et humanitaires. Pour l’illustrer je retiendrai surtout nos derniers moments partagés quand nous nous rencontrions ou ensuite parlions au téléphone (COVID oblige), il ne se plaignait jamais et avait à cœur de s’intéresser précisément à son interlocuteur, sur sa santé, son devenir avec une profonde et sincère empathie. Bel exemple de courage, de générosité et d’altruisme qui restent profondément ancrés dans ma mémoire.

A son épouse Catherine, à ses enfants Isabelle, Jean-Victor, Jean-Gabriel je redis toute l’amicale sympathie que nous pouvons partager.

C’est cette absence qu’il faut accepter.

Docteur Jean-Marie Granier



HOMMAGE AU DOCTEUR JACQUES DELMAS
C’est toujours une douleur vive, un déchirement quand on perd un mari, un père, un ami, et de surcroît un confrère, un collègue.
Le docteur Jacques Delmas qui exerçait encore au Service de la petite  Enfance et Hygiène à la mairie de Montpellier  nous a quitté brutalement peu avant Noël, le 20 décembre 2020. Il est décédé après une  courte et  fulgurante maladie. Un coup de tonnerre dans un ciel serein dont l’éclair dévaste le chêne du jardin.
Le Docteur Jacques DELMAS est né le 10 février 1953 à Montpellier. Il a fait ses études  médicales  à  la Faculté de médecine de Bobigny ; Université Paris Nord. Il  y a soutenu sa thèse de fin d’études  en juin 1985.
Revenu dans sa ville natale ; il a travaillé comme médecin généraliste à la Clinique Saint Jean de Montpellier. Il s’installera ensuite en  cabinet de ville qu’il a partagé avec son épouse Infirmière et psychologue clinicienne.
Quelques années plus tard il intègrera le Service de la petite Enfance et hygiène à la mairie de Montpellier.
Marié, il a eu avec Chantal, son épouse, 2 garçons, Dorian et Vivien, mon filleul.
Jacques était un médecin généraliste passionné de la médecine infantile d’où son investissement dans ce secteur à la Mairie.
Il laisse sa famille et ses amis sans voix tant l’émotion est grande
Nous réitérons nos sincères condoléances à son épouse et ses enfants.
Paix à son âme.
Docteur Pedro NANGOU
 



HOMMAGE AU DOCTEUR GILBERT MASSE
Au terme d’un long exercice de psychiatrie en région parisienne, le docteur gilbert MASSE avait choisi nos campagnes héraultaises pour y passer une retraite bien méritée.
Il y trouvait les conditions voulues pour s’adonner à ses loisirs, en approfondissant ses savoirs, dans un climat apaisant.
Dégageant la bonté il s’intégra facilement et bien modestement à son nouveau milieu environnant.
Il conserva un grand intérêt à suivre et observer lucidement l’évolution de notre art. C’était un homme de bien.
Docteur Jacques R.DUBOURDIEU
 



HOMMAGE AU DOCTEUR HENRI BLANC

28 Janvier 1946- 24 Mai 2020

La carrière du Docteur Henri Blanc fut remarquable et atypique. Nous avons cheminé ensemble en première année de médecine, nommée alors CPEM, en 1965-66.

Issu d’une famille d’enseignants montpelliérains de confession protestante, il a été très affecté par le décès de sa mère alors qu’il avait 12 ans. Peut-être est-ce pour cela qu’il fut tiraillé entre une vocation de médecin et ses aspirations spirituelles.

Car, une fois la première année de médecine validée, après quelques années comme instituteur, il entreprit des études de théologie, au terme desquelles il partit comme missionnaire au Niger dans le cadre d’une église protestante évangélique : le SIM, service international missionnaire. La situation sanitaire dans ce pays l’incita à revenir en France pour reprendre ses études médicales de 1979 à 1988 ; il fit sa dernière année au Bénin où il s’initia à la chirurgie générale. Diplômé en Avril 1990, après avoir exercé à Montpellier comme médecin scolaire, il fut affecté à Bembéréké au Bénin, puis à Galmi au Niger.

Lorsqu’il passait par Montpellier, lors de ses vacances, il ne manquait pas de me rendre visite, et nous échangions sur les pathologies lourdes qu’il était amené à prendre en charge ; j’étais étonné par les compétences médico-chirurgicales multiples qu’il devait déployer, loin de toute structure hospitalière. Son cheminement spirituel et sa mission de pasteur, il les évoquait toujours avec discrétion.

C’était un homme de foi, humble, qui fut toute sa vie au service des plus pauvres. Que Christiane, qu’il a épousée à son retour en France pour sa retraite, soit assurée de la sympathie de notre faculté dont il était issu et qu’il a honorée.

Docteur Michel VOISIN
 



HOMMAGE AU DOCTEUR BERNARD ASTRUC

Docteur Bernard Astruc ( 1938-2020 )

Bernard Astruc est né le 2 janvier 1938 à Montpellier et décédé le 12 novembre 2020 dans la ville qui l’a vu naître, victime d’une épidémie mondiale due au coronarovirus COV-19. Il appartenait à une famille à forte tradition médicale, son père était docteur en pharmacie, son grand-père Albert Astruc avait été doyen de la Faculté de Pharmacie et son arrière-grand-père le docteur Paul Peuzet maire de Montpellier. Bernard depuis son plus jeune âge et tout au long de sa vie s’occupera beaucoup de ses parents en fils fidèle et affectueux, parents qui s’éteindront à plus de cent ans. Par ailleurs il assistera son père dans la gestion des vignobles attachés à la famille. Après la mort de son père c’est lui qui assumera cette charge en parallèle à ses activités médico-universitaires. Jusqu’à la fin, il produira, car il avait de solides connaissances en œnologie, un vin de grande qualité.

Depuis sa prime jeunesse Bernard manifestait de l’attirance pour le Théâtre. Tout était prétexte pour lui à jouer la comédie. Par exemple il participait avec plaisir avec parents, frères et sœur aux petites représentations théâtrales qui étaient devenues une tradition dans la famille au cours des fêtes de fin d’année. Il ne ratait pas non plus les représentations proposées par les Galas Karcenty au théâtre place de la comédie à Montpellier, occupant le siège réservé à son grand-père alors conseiller municipal. Ce penchant l’accompagnera d’ailleurs toute sa vie et vers la fin alors qu’il était pensionnaire de l’EPHAD les Glycines à Montpellier il acceptera d’interpréter le rôle d’un patriarche corse dans un petit film amateur. Il possédait en effet un physique avantageux qui lui aurait permis des rôles de jeunes premiers. Beaucoup de ses amis lui trouvaient une ressemblance avec l’acteur Jean-Louis Trintignant, très à la mode, à son époque.

Mais Bernard délaissant le théâtre choisit la médecine. Après de solides études secondaires réalisées au lycée de Montpellier, il entreprit des études médicales. En 1969 il fut reçu au concours de l’internat. Ses choix de stages d’interne montrent un intérêt vers la stomatologie, l’oncologie et la nutrition. Le nombre des certificats d’études supérieures qu’il acquiert à cette époque montrent sa très grande ouverture d’esprit : Endocrinologie et Maladies Métaboliques en 1968, Réparation juridique des dommages corporels en 1974, Leprologie en 1972, Maladies de l’Appareil Digestif en 1974, Stomatologie en 1980). Mais c’est sa thèse soutenue en 1973 qui inaugure son orientation principale, elle s’intitule « L’intestin artificiel expérimental, nutrition parentérale exclusive par voie portale chez le chien ». C’était un travail très novateur réalisé dans le laboratoire de recherche en oncologie et nutrition dirigé par le professeur Claude Solassol au Centre Anti-Cancéreux de l’hôpital Saint Eloi qui porte le nom de son fondateur Paul Lamarque. Bernard intègre alors une unité de recherche orientée sur cancer et nutrition dirigée par le jeune professeur Henri Joyeux. C’est le début d’une collaboration très productive qui se traduira par de nombreuses publications dont beaucoup internationales, des participations à des congrès prestigieux, des séjours à l’étranger en particulier aux U.S.A, la participation à de nombreuses sociétés savantes et l’obtention de nombreux prix nationaux et internationaux. Il faut souligner aussi la production de nombreux ouvrages, livres et documents cinématographiques. Un de ces livres : La nutrition artificielle chez l’homme ouvrage édité sous la direction de Claude Solassol et rédigé par Henri Joyeux et Bernard Astruc sera un document de référence dans la communauté médicale et connaîtra deux éditions en 1980 et 1985. Une telle réussite n’entama pas la modestie naturelle de Bernard qui poursuivit ses recherches en assumant par ailleurs des charges d’enseignement comme dans le service de chirurgie dentaire où il occupa un poste d’assistant. Bernard avait toutes les qualités pour occuper un poste de chercheur ce qui lui aurait permis de poursuivre ses recherches en diététique. Malheureusement les circonstances de l’époque ne lui furent pas favorables et il n’obtint pas ce poste pourtant bien mérité.

Puis on se souvient que Bernard avait acquis en 1974 le Certificat des Maladies de l’Appareil Digestif. C’est donc tout naturellement qu’il ouvrit un cabinet d’hepato-gastro-enterologie Boulevard Gambetta à Montpellier. Tous ses patients ont souligné sa très grande écoute, son sens clinique très développé et sa très grande disponibilité.Voila pour le côté médical mais je voudrais évoquer d’autres aspects de Bernard.

Bernard avait été intrigué par la photographie d’une religieuse épinglée sur les murs de la salle à manger de l’internat. Ce visage le fascinait. Il voulut en connaître plus. Il s’agissait d’une ancienne interne des hôpitaux de Montpellier Elisabeth Lafourcade. Bernard avait rassemblé sur elle une riche documentation qu’il m’avait confiée. J’ai sous les yeux un tire à part de « Montpellier Médical » de novembre 1958 où le doyen Gaston Giraud rend hommage à Elisabeth Lafourcade ancienne interne des hôpitaux de Montpellier avec comme sous-titre : une sainte sur la terre. Il faut bien reconnaître que tout est surprenant et édifiant dans le personnage. Tout d’abord une femme chirurgien au parler vert qui ne déparait pas en salle de garde, ensuite une religieuse d’un ordre séculier destiné à venir en aide aux enfants les plus déshérités ( Jésus Ouvrier), enfin un dévouement total vis-à-vis des populations pauvres du Maghreb et surtout du Maroc. Atteinte d’une maladie incurable elle fut soignée par mon maître le professeur Pierre Betoulieres qu’elle appelait : « Betou ». Un être extraordinaire qui a donné lieu à de nombreuses études et livres. Bernard était fasciné par cette personnalité qui renforçait sa croyance en Dieu. Car Bernard était croyant simplement sans démonstration, très respectueux de la pensée des autres, mais croyant très sincère. Nous parlions souvent de philosophie d’histoire et de religion lorsque je lui rendais visite chez lui dans le domaine des Quatre Vents, puis à  la clinique Saint Antoine de Montarnaud et enfin à l’établissement des Glycines proche de la gare Saint Roch. Nous échangions des idées, des livres, des projets ( par exemple il m’encourageait à mettre sur papier un travail que j’avais entrepris et qui se proposait de trouver des concordances entre la religion égyptienne, la Bible et la religion chrétienne).

C’était pour moi toujours un grand plaisir de rencontrer Bernard. J’aimais son intelligence calme et assurée, ses réflexions pertinentes et puis l’amitié qui nous liait depuis les débuts de nos études en médecine. À ce sujet Georges Narboni , un autre ami qui vient de cette période, se joint a moi pour cet hommage à Bernard Astruc, un ami que nous n’oublierons pas…

Professeur Jean-Paul Sénac
 



HOMMAGE AU DOCTEUR LISE MARCHAND

Nous avons la tristesse d’annoncer le décès du docteur Lise Marchand, née Cavalier, survenu le dimanche 19 janvier 2020 à l’âge de 94 ans.

Née le 02 février 1925, Lise effectue ses études de médecine à Montpellier et son internat en tant qu’interne des sanatoriums de l’Hérault. Elle soutient sa thèse d’exercice en 1954 et s’installe comme médecin à Béziers.

Médecin érudite et d’une grande vivacité d’esprit, Lise fut une source d’inspiration pour ceux qui la côtoyaient.

Elle fait partie de ces quelques personnes qui ont orienté ma vie de femme vers la Médecine. Un exemple.

Dr Sophie Menjot de Champfleur-Cassafieres"
 


HOMMAGE AU DOCTEUR PIERRE AUBAS

Le Dr Pierre AUBAS, PH chef de l’Unité d'analyse Médico-Economique des Processus de Soins du Département d’Information Médicale du CHU de Montpellier, nous a quittés le 30 novembre 2019

Il était plus que mon ami… mon frère. La vie donne parfois des frères non génétiques auxquels la nature n’avait pas pensé et l’absence n’en est que plus douloureuse. Depuis l’internat, nos vies se sont suivies sans cesser de se croiser.

Gascon par ses origines familiales, il effectue ses études médicales à Paris et s’investit parallèlement dans la vie universitaire en tant que représentant des étudiants et dans la gestion d’une mutuelle étudiante. Reçu à l’internat des hôpitaux de Montpellier, représentant des internes du CHU à la suite du Pr Jean-Jacques ELEDJAM, toute sa carrière fut empreinte avec excellence de sa triple passion : la clinique, la recherche et le management.

Clinique d’abord en tant que chef de clinique de pneumologie dans le service des maladies respiratoires du Pr François-Bernard MICHEL, puis pneumo-allergologue libéral à Montpellier pendant plus de 15 ans.

Recherche ensuite et parallèlement en tant que pionner, dès 1983, des applications réciproques de l’informatique et de la médecine. Il mena, avec le Pr Philippe GODARD, des travaux à l’origine des concepts des systèmes d’information médicale dont celui du CHU. Il mena ensuite avec le Pr Michel CHEIN au sein du Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier des recherches en l’intelligence artificielle et médecine dans le domaine de la carcinologie pulmonaire.

Management enfin, d’abord en tant que praticien hospitalier à temps partiel puis à temps plein au Département d’Information Médicale du CHU. Confronté aux nouveaux modes de financement des hôpitaux, certain de la nécessaire double efficience clinique et budgétaire d’un système de santé ouvert à tous et devant le rester, il était poursuivi par la question de savoir et signifier ce que voulait dire soigner à l’aune des contraintes financières et managériales et comment modéliser et créer un nouveau système médico-managérial seul capable d’approcher cette double efficience.

Avide de savoir et de transmission du savoir, homme de conviction avec une chaleur humaine et une convivialité hors du commun, n’ayant pas peur de bousculer l’ordre établi, Pierre a créé une unité et une dynamique d'analyse médico-économique des processus de soins pleinement impliquée dans la vie du CHU de Montpellier et reconnue nationalement.

Homme de passion, doué d’un esprit d’analyse et de synthèse rare, aimant le contact, les discussions et la dialectique, la vie et le bonheur des autres, marquant à jamais ceux qui ont eu la chance de le rencontrer et de partager avec lui une existence trop courte, le docteur Pierre AUBAS fait partie de ces êtres exceptionnels dont Cocteau a dit qu’ils nous étaient prêtés et que malheureusement il fallait rendre.

Nous sommes quelques-uns à avoir eu l’honneur de travailler avec lui et de partager des moments de vie. Que Michèle, son épouse, que Sylvie PARER-AUBAS, que leurs enfants et son petit-fils Matthieu dont il était si fier trouvent ici l’attachement et l’amour fraternel que nous lui portions et sachent le vide que sa disparition laisse dans le cœur de tous ceux qui l’ont côtoyé.

Adishatz, Pierre

Pr Pierre DUJOLS


HOMMAGE AU DOCTEUR CHRISTINE MASSAC

Son association montpellieraine : « les artisans langagiers », ses collègues cliniciens psychologues, pédopsychiatres, psychanalystes, tiennent à rendre hommage à leur amie,

Le Docteur Christine MASSAC disparue prématurément le samedi 23 novembre 2019.

Militante de la cause des enfants, excellente psychothérapeute, appréciée de ses pairs et surtout de ses patients, elle dénonçait le manque de moyen pour prendre en charge humainement les enfants, les adolescents en souffrance et leur famille. Elle était engagée dans différents mouvements de défense de la qualité et de l’éthique des soins psychiques.

Les artisans langagiers


HOMMAGE AU PROFESSEUR ANDRE THEVENET

08 février 1927 – 23 décembre 2019

Né à Enghien, il a grandi et vécu à Montpellier. Après une adolescence difficile (pendant la 2ème guerre mondiale et trop tôt orphelin), il effectue ses études médicales de 1947 à 1953 ; externe des hôpitaux en 1949, il obtient 2 C.E.S (biologie du sport et Pneumophtisiologie) et devient Aide d’anatomie ; interne des hôpitaux en 1954, il acquiert une formation en chirurgie générale et poursuit l’enseignement de l’anatomie en qualité de Prosecteur. Attiré par la chirurgie cardio-vasculaire, il obtient en 1957 une bourse d’études pour le centre de chirurgie de Minneapolis dirigé C.Walton Lillehei, précurseur de la chirurgie cardiaque moderne, avec le titre de « fellow resident » en chirurgie cardiovasculaire ; il y côtoie notamment C. Cabrol et Ch. Bernard avec lesquels il se liera d’amitié ; en fin de séjour il obtient le DES de Chirurgie Cardio-Vasculaire ; il termine son séjour fin 1958 par un long périple en visitant les principaux centres nord-américains de chirurgie Cardio-Vasculaire. A son retour, Médaille d’Or de l’internat, il soutient, en 1960, une thèse d’avant-garde sur la chirurgie à cœur ouvert sous hypothermie profonde. Dès lors, il intègre l’équipe du Pr. E. Nègre en qualité de Chef de Clinique assistant. Privé, Hélas, de toute chirurgie cardiaque à l’hôpital, il poursuit une activité expérimentale à la Faculté dans l’unité de cardiologie et consacre son activité hospitalière à la seule chirurgie vasculaire qu’il va porter au zénith avec maitrise, une technicité d’avant-garde et des résultats qui consacreront sa notoriété bien au-delà de nos frontières. L’Agrégation en Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire obtenue en 1966 ne changera pas ses conditions « restrictives » d’activité qui ont toutefois assis sa renommée. En 1971, sa patience est enfin récompensée ; nommé Chef de Service en Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire, il ouvre en 1972, un Service à l’Hôpital Aiguelongue.  Tout en poursuivant son activité vasculaire, me confiant la partie thoracique, il met en place la chirurgie cardiaque valvulaire et coronarienne et enfin en 1986, avec les progrès de l’immunosuppression, il peut avec sa nouvelle équipe (dont le Pr. B. Albat), mettre en place un programme de greffes cardiaques, qu’il poursuivra avec d’excellents résultats jusqu’à son départ. En 1974, retraité, il est admis à l’Académie des Sciences et Lettres de Montpellier où il occupera la mission de bibliothécaire et rédigera des ouvrages sur l’histoire de la chirurgie.

Le Professeur A. Thévenet a rédigé plus de 600 publications et rédactions d’ouvrages, était membre de 7 Sociétés Scientifiques Internationales (dont une Présidence de l’ESCVS, Vice-Présidence de l’ISCVS), 8 Sociétés Nationales (dont l’Académie de Chirurgie et Correspondant de l’Académie de Médecine).

J’ai eu l’honneur et l’avantage d’apprendre à ses cotés 7 années durant mon internat et mon clinicat, puis de le seconder 13 ans dans son Service. Sans compter les nombreux élèves qu’il a formés, j’ai vu succéder bon nombre de visiteurs et de stagiaires de France, d’Europe et même au-delà… venus apprécier ses techniques.

Je garde en moi la mémoire d’u maître infatigable, travailleur, patient et déterminé, audacieux et virtuose dans le geste qui a largement contribué à la renommée de notre Ecole de Médecine.

Les membres du Conseil Département de l'Ordre des Médecins adressent à sa famille leurs condoléances les plus sincères.

Pr. Henri Mary.


HOMMAGE AU DOCTEUR CHRISTINE ROCA

Médecin de l’éducation nationale - 4 janvier 1961 - 28 août 2019

Ma chère Christine,

C’est avec le cœur serré que j’écris ces lignes pour te rendre hommage. Je le fais au nom de notre amitié et aussi au nom de tout le service de santé scolaire.

Tu as rejoint la santé scolaire ou pour être précise la Promotion de la santé en faveur des élèves le 1er avril 1994 en qualité de contractuelle puis plus tard comme titulaire.

Pendant 25 années à l’éducation nationale tu t’es mise au service des enfants à l’école. Dans ce mode d’exercice, tu montreras toutes tes qualités : infiniment humaine, à l’écoute de tous et de chacun, dévouée, passionnée parfois, innovatrice souvent, disponible mais dans la réflexion (il faut prendre du recul, de la hauteur ne manquais-tu pas de nous rappeler régulièrement, inutile de se précipiter...).

Toujours ouverte, curieuse et avide de connaissances, tu as accumulé formations et expériences pour toujours mieux répondre aux missions qui t’étaient confiées mais aussi pour te lancer dans des actions dans les classes puis auprès des adultes.

Tu as su tisser un large partenariat sur ton secteur où tu étais appréciée par tous.

Tes qualités professionnelles et ton souci de la santé publique, s’accompagnaient de bienveillance et de générosité. Tu étais aussi toujours disponible et à l'écoute de tes collègues de travail, en particulier au centre médico-scolaire de Sète.

Merci

Merci infiniment pour tout ce que tu nous as apporté et fait partager.

Nous sommes fières et fiers de t’avoir rencontrée et d’avoir pu travailler avec toi.

Tu nous manques tellement, heureusement nous avons beaucoup de bons souvenirs pour te sentir encore proche de nous.

Docteur Claudine NÉMAUSAT



HOMMAGE AU DOCTEUR JEAN-JACQUES BERAUD

Le Dr Jean-Jacques Béraud, PH ancien chef de service de Médecine Intensive et Réanimation au CHU, nous a brutalement quittés … sans bruit comme il a toujours vécu.

C'était mon ami. A deux ou trois années près, nos vies se suivaient sans cesser de se croiser. Même ville natale, même lycée, même faculté, même hôpital ... peut-être même fin sans douleur et sans dépendance, du moins je l'espère telle.

Ceux qui n'ont pas intimement connu Jacquot, comme on l’appelait avec la marque d’affection qui s’attache à tout diminutif, doivent savoir quel être exceptionnel se cachait derrière cette discrétion qui était sienne jusqu'à l'effacement, cette pudeur non feinte affichée jusqu'à l'humilité, cette réserve du taciturne qu'il était à ne surtout pas confondre avec du détachement ou de l'indifférence qui lui étaient totalement inconnus, lui qui était sensible autant au sort de ceux de son univers que de ceux de l'univers tout entier. Les autres, et plus particulièrement celles et ceux qui ont travaillé avec lui, n'oublieront pas le respect et le dévouement à l'autre, quel que soit son rang ou sa couleur de peau, la générosité morale autant que matérielle, l'humanité et la tolérance dont il a fait preuve dans l'une des plus éprouvantes spécialités qui soient, vécue comme un sacerdoce avec compétence et oubli de soi. Il avait l’intelligence du cœur.

Ces qualités innées, il a continué de les cultiver, tout comme son jardin, son pré carré - peut-être la seule chose qu’il ne voulait pas partager sauf pour en faire profiter - dans sa retraite de Lansargues, une grande et ancienne cave à vin qu'il avait su transformer en un palais merveilleux de simplicité et d'accueil, un ilot de calme et de paix où nous étions quelques élus à aller le visiter avec envie et gourmandise ... tant il était fin cuisinier et attentif au bien-être de ceux qu'il aimait. C'était un homme sage, un homme de peu de besoins. Il aimait les plaisirs simples de la vie et du quotidien en même temps que les moments de solitude et de silence que lui offraient la nature et l’activité physique quasiment addictive … jusqu'à ce qu'il soit obligé d’en réduire l’intensité par un accident qui faillit être irréversible et dont il pâtira jusqu'à la fin des conséquences à long terme. Il aimait pareillement l'art et la culture, le bon et le beau non ostentatoires, la grande musique et la vraie littérature dans lesquelles il trouvait l'isolement nécessaire à la réflexion, et la peinture contemporaine à laquelle l'avait initié sa sœur chérie, galériste parisienne dont il ne s'était jamais consolé de la disparition. Ses murs étaient couverts d'œuvres de peintres célèbres dont certains étaient ses amis et dont l'un sera à jamais son compagnon d'éternité dans le caveau arlésien, témoignage déjà de cette générosité familiale dont il avait hérité. C'était un être réservé et courtois, éloigné de l'excès, d'une qualité rare et d'une sensibilité à fleur de peau, un être authentique et sincère, sans fard ni faux-semblant, un bloc de pudeur et d'humilité totalement décalé dans une société de bruit, du paraître et du superficiel dont il essayait de se protéger autant que faire se peut, quitte à paraître suranné, en cultivant un art de vivre d’une autre époque. Il émanait de lui une grande douceur, dans les gestes sans brusquerie, dans la voix presque toujours murmurée, dans le regard bleu jamais fuyant, et en toutes circonstances une grande dignité et élégance, celle du cœur bien sûr et non celle de la fringue dont il n'avait manifestement que faire. C'était un pur, un intègre, un désintéressé. Il ignorait le mal, la vanité et la cupidité, la vulgarité et bien d'autres choses encore qui pourrissent l'existence de beaucoup. C'était définitivement un vrai honnête homme au sens classique du terme ... en même temps qu'un bel homme dont l'âge n'avait pas top altéré une silhouette encore sportive, irradiant de charme et de classe, considération accessoire pour lui et évidente pour les autres. Mais son apparente sérénité masquait cependant l'inquiétude d'un questionnement permanent sur la spiritualité, la vie et la mort, celle des autres qu'il avait combattue dans son activité d'interniste et qui le ramenait, même s'il en parlait rarement, à sa propre finitude à laquelle il était confronté depuis peu par le désarroi d'un cœur qu'il avait, sans mauvais jeu de mots, gros comme ça. Il est finalement parti par ce qu'il avait de meilleur ... superbe raccourci d'une vie qui fut bonne et belle. Et après ? C'était certes un agnostique mais au meilleur sens du terme, celui ouvert à la discussion et au doute quant à la possibilité d'un au-delà et d'une foi dont le mystère l'a peut-être poussé plusieurs fois sur les chemins de Saint-Jacques.

Je suis heureux d'être encore là pour témoigner du rayonnement qu'il diffusait malgré lui, non pas celui du plein soleil qui éblouit un certain temps et brûle avant de disparaître - il était trop intériorisé pour cela, jusqu’à la timidité - mais celui d'une petite et intense lumière qui s'insinuait en toi sans que tu t'en aperçoives, une frêle bougie qui ne s'éteindra jamais. Il se livrait peu mais son simple contact suffisait à nous rendre meilleurs ou un peu moins mauvais.

Phillis, son épouse qu'il avait connue à LA lors de son année de mobilité, une forte personnalité - à Lansargues, il était le mari de l'américaine - qui l'a fidèlement accompagné dans sa différence complémentaire, Julie et Catherine, ses filles aimantes, qui lui ont donné trois petits-enfants, ainsi que Jordi, Nicolas, François et les autres, tous savent l'amour fraternel que je lui portais et le vide sans fond que sa disparition laisse  le cœur de tous ceux qui l’ont côtoyé et percé sa vérité.
 

Professeur René-Benoît Galifer


HOMMAGE AU DOCTEUR FRANÇOISE COMBES-MARESCHAL

Le 16 juin 2019 le docteur Françoise Combes-Mareschal nous a quitté au terme d’une courte et cruelle maladie. Françoise Combes est née à Nîmes le 28 mars 1940. Elle a effectué ses études de médecine à la faculté de médecine de Montpellier et s’est spécialisée en allergologue, discipline qu’elle a exercée plus de 30 ans. Elle fut l’épouse de mon ami Claude Combes lui aussi malheureusement disparu. Nos deux familles étaient très liées et nous avons vu grandir nos enfants ensemble. Par exemple Françoise assista efficacement ma femme lors de la naissance de mon fils Alexandre et j’ai vécu les naissances des enfants de Françoise et de Claude : Estelle, Aline et Olivier. Françoise était une femme intelligente, active, très sportive, redoutable au tennis. Très gentiment elle nous recevait dans la maison qu’elle possédait à Lamontelarie près de la Salvetat. Quand Françoise et Claude se séparèrent je suis resté au contact de chacun. C’est ainsi que Françoise me présenta Le docteur Estelle Blanc et son compagnon d’alors Paul Veyne. Paul Veyne est un personnage extraordinaire, professeur honoraire du collège de France, historien de la romanité. Que de discussions passionnantes sur divers sujets pas toujours historiques durant les soirées de novembre. Car nous allions Françoise et moi souvent rendre visite à Estelle et Paul qui habitaient à Bédouin au pied du Canigou. Françoise était très cultivée, amoureuse des livres. Claude et elle avaient constitué une grande bibliothèque, très éclectique. Elle aimait aussi les promenades en forêt et les sorties en voilier. J’ai connu avec elle et Claude Combes des croisières mouvementées. Claude était un vrai marin intrépide et aventureux, à la limite imprudent. Derrière sa gentillesse et son sourire Françoise cachait une personnalité forte, forte dans l’adversité quand elle eut la tristesse de perdre sa deuxième fille Aline, Aline qui était venue vers elle pour la soutenir et qui fut emportée en février 2018 par un mal jusque-là ignoré. Il est difficile de trouver le ton juste pour parler de quelqu’un que l’on a aimé sans tomber dans l’hagiographie. Françoise était mon amie depuis nos années d’étudiant. C’était une femme de caractère à la forte personnalité, indépendante mais aimable, gentille, soucieuse des autres, une mère très aimante. Elle a lutté contre sa maladie avec une sérénité et un courage exceptionnel sans jamais se plaindre.

Je pense évidemment à elle, à Paul Veyne son dernier compagnon, et à ses enfants à Aline qu’elle a rejoint, et à Estelle et Olivier.

Jean-Paul Sénac professeur à la Faculté de médecine de Montpellier
 



HOMMAGE AU DOCTEUR GERARD BENOIST D’AZY

Le Dr Gerard Benoist d'AZY est décédé brutalement le 14/06/2019 alors qu'il était en vacances en Espagne.

Le Dr Benoist d'AZY a fait toutes ses études de médecine à la faculté de Montpellier. Interne des hôpitaux et chef de clinique à la faculté, il s'est ensuite installé comme Radiologue libéral associé au sein du groupe de radiologie IMACAM avec un cabinet libéral à St Jean de Védas et une activité en clinique au Millénaire, à St Roch et à St Jean.

C’était un radiologue d'exemption, j'ai longtemps collaboré avec lui à la clinique du millénaire et j'ai ainsi pu apprécier ses qualités professionnelles : il ne se contentait pas d'analyser les images, il considérait le patient dans son ensemble, il l'interrogeait, il l'examinait et lui expliquait les résultats en le dirigeant vers d'autres examens complémentaires ou vers un autre spécialiste pour un traitement adapté. C’était un vrai médecin, humain et sensible.

En tant que cardiologue interventionnel, j'ai longtemps collaboré avec lui dans l'exploitation des salles de radiologie, il avait un esprit d'équipe très développé et il était toujours ouvert à la discussion, en tenant compte de l'avis de chacun, pour l'amélioration des conditions de travail de l'équipe, pour le meilleur service rendu au patient, et dans le plus grand respect confraternel.

J'ai eu la chance aussi de bien connaitre l'Homme, c'était un véritable ami, toujours disponible, toujours souriant, ne refusant jamais un service. Sa présence discrète et attentive était reconnue de tous.

A peine à la retraite, il y a un an et demi, il a été atteint de cette vilaine maladie que l'on qualifie de « longue », et qu’on espérait bien pouvoir terrasser, il a supporté un très lourd traitement avec un courage exemplaire, luttant contre la maladie avec opiniâtreté, et gardant une force morale à toute épreuve jusqu'à ses derniers jours de vie. Son décès brutal, inattendu et imprévisible nous laisse tous effondrés et sans voix.

J'ai eu l'honneur d'être un de ses nombreux amis, et son départ va laisser un vide immense. Il va beaucoup nous manquer même si la Foi Chrétienne que nous partageons nous permet d'espérer qu'il goutte maintenant à la Paix éternelle qu'il mérite !

Le Conseil Départemental de l'Hérault de l'Ordre des Médecins adresse toutes ses condoléances à sa grande famille :

A son épouse Christine,

A ses 4 filles dont particulièrement nos deux consœurs les Dr Agathe SOUTEYRAND, (Dermatologue à Marseille) épouse de Philippe SOUTEYRAND (Radiologue à Marseille) et Philippine BRAC de la PERRIERE, Pédiatre.

A son frère le Dr Arnaud BENOIST d'AZY, Ophtalmologiste et Conseiller Ordinal.

A ses deux beaux-frères, le Dr Jacques BILLET, Psychiatre et vice-président du Conseil Départemental de l'Hérault de l'Ordre des Médecins et le Dr Olivier BILLET, Radiologue.

A ses deux cousins germains : le Dr Rémy LONJON, Psychiatre et le Dr Philippe GRANGER, Médecin Généraliste.  

Au revoir Gérard…….

Docteur Xavier de BOISGELIN

Président du Conseil Départemental de l'Hérault de l'Ordre des Médecins.
 



HOMMAGE AU DOCTEUR ROBERT BRESSON

Psychiatre, bâtisseur, édile.

Le Docteur Robert Bresson né en 1948 est décédé début mars dernier. Il a exercé en tant que psychiatre à son cabinet de Montpellier, en association avec le regretté Docteur Jack BOULET disparu prématurément, victime de la maladie et aussi de l’injustice du sort. Robert Bresson a eu la possibilité de soigner ses patients à la Clinique de Quissac dans le Gard, établissement que ses parents avaient conçu et édifié dans le début des années 60, alors que les règles administratives n’étaient pas aussi contraignantes que  de nos jours. Cette clinique, immense, inondée du soleil méditerranéen, étendue entre la garrigue et une plaine viticole, a eu besoin d’être rénovée, agrandie et adaptée à la psychiatrie moderne. C’est à cette tâche que s’attela le Docteur Bresson, travaillant sans cesse à moderniser l’établissement créé par ses parents. Cela ne lui suffisait pas : à deux reprises il devint le maire de Quissac, et par son action contribua à faire sortir cette modeste bourgade de sa torpeur.

Le Docteur Bresson était un homme réservé, effacé, émotif et sensible, qualités qui lui permirent de soigner avec humanité les patients qui se pressaient à la Clinique, dont il avait la responsabilité médicale.

Le Conseil de l’Ordre des Médecins de l’Hérault, salue sa mémoire et adresse à son épouse Diane, à ses enfants et toute sa famille, qui compte plusieurs psychiatres, ses condoléances attristées.

Docteur Marcel DANAN
 


HOMMAGE AU Professeur Lucien SIMON

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du Pr Lucien Simon, survenu le 13 septembre 2018, à l’âge de 88 ans.

Natif des Vosges, Lucien Simon a fait ses études médicales à la Faculté de Médecine de Montpellier ; Interne des hôpitaux, promotion 1955, il est nommé chef de clinique en 1959 au sein de la Clinique de Rhumatologie, dirigée alors par le Pr Henri Serre. Maître de Conférence agrégé en Médecine Générale en 1962, Professeur sans chaire en 1968, titulaire à titre personnel en 1972, il succède à Henri Serre comme Professeur de Clinique de Rhumatologie en 1979. Sur le plan hospitalier, il dirige successivement le service de Rééducation Fonctionnelle et de consultations de Rhumatologie Sociale à l’Hôpital Gui de Chauliac, puis la Clinique de Rhumatologie de l’Hôpital Saint Eloi de 1979 à 1983 et jusqu’en 1995 le service de Rhumatologie de l’Hôpital Lapeyronie.

Professeur de Rhumatologie, il fut à la suite d’Henri Serre le pionnier de la structuration des disciplines médicales de l’appareil locomoteur, avec en particulier le développement de tous les axes de la Rhumatologie. Il fut à l’initiative de nombreux travaux d’études cliniques, et s’intéressa tout particulièrement à la place des thérapeutiques locales et des traitements physiques en pathologie locomotrice. Il fut Président de la Société Française de Rhumatologie, et contribua largement à l’émergence du Congrès national de la discipline. Parallèlement, à son investissement rhumatologique, Lucien Simon va permettre le développement d’une autre discipline naissante «la Médecine de Rééducation et de Réadaptation Fonctionnelle », devenue en 1998 « Médecine Physique et de Réadaptation », et dont il présidera aussi la Société savante. Ainsi, Lucien Simon favorisera le développement des deux disciplines, notamment par la nomination de ses élèves.

Pédagogue d’exception, son investissement fut sans limites pour la transmission du savoir à travers des réunions, colloques, ou congrès, et surtout la diffusion d’ouvrages de référence dans le domaine de l’appareil locomoteur.

On retiendra son implication pour le développement de la Podologie médicale, avec l’aide de son ami Joseph Claustre ; et surtout la création dès 1972 des Entretiens de Rééducation et Réadaptation Fonctionnelles, devenus par la suite Entretiens de Médecine Physique et de Réadaptation qui attirent chaque année au printemps à Montpellier, plus d’un millier de participants. Plus de 200 ouvrages pédagogiques ont été édités à l’occasion de ces journées, sous l’impulsion de Lucien Simon, constituant d’année en année une bibliothèque de référence inégalée autour de l’appareil locomoteur. Lucien Simon a aussi largement favorisé l’essor et l’enseignement des professions de Rééducation, la Kinésithérapie, et surtout l’Ergothérapie avec la création de l’école d’Ergothérapie de Montpellier, dont il assurera la direction durant de nombreuses années.

Travailleur infatigable, Lucien Simon a toujours fait preuve d’une immense capacité d’innovation, et d’une grande clairvoyance. Ceux qui l’ont connu de façon plus intime savent aussi que derrière sa pudeur et sa discrétion, il y avait un homme d’une grande sensibilité, particulièrement attentif aux évènements de la vie de ceux qui lui étaient proches.

Un clinicien d’exception, un visionnaire et un grand bâtisseur nous a quitté. Nous sommes nombreux à être fiers de compter parmi ses élèves.

Nos pensées vont aujourd’hui à son épouse, à ses deux filles, et à ses nombreux petits et arrières petits-enfants dont il était si fier.

Professeur Christian Hérisson
 



Hommage au Docteur Jacques DU CAILAR

 

Le professeur Jacques du Cailar nous a quitté le vendredi 13 juillet 2018.

Jacques du Cailar est né le 23 Mai 1926 à Saint Hyppolyte du Fort, dans ce Gard protestant et rude qui a parfaitement forgé sa personnalité. Il se maria le 15 juillet 1947 à Saint Hyppolyte du Fort avec Aline Faucher dont il eut trois enfants Claude, chirurgien vasculaire, Dominique sa fille et Guilhem, médecin interniste et cardiologue.

Comme son illustre ainé Arnaud de Villeneuve, il alla faire ses études de médecine et son internat à Montpellier. Homme de devoir et de combat, il se lança le défi de la mise en place d’une nouvelle spécialité : l’Anesthésie-Réanimation. Pensez donc, au début des années 50 moins de 25 médecins indépendants pratiquaient l’anesthésie. Dans la suite immédiate des Jean Lassner, Ernest Kern, Guy Vourc’h et Jean Baumann, il travailla sans relâche à faire reconnaître la spécialité. L’anesthésie-réanimation devint spécialité médicale en 1966. Nommé professeur agrégé, il créa une des plus excellente école d’anesthésie-réanimation française, avec un Certificat d’Etude Spécialisé très recherché par les étudiants. Père de la neuroleptanalgésie qui participa au succès de l’anesthésie intraveineuse puis de la protection du système neurovégétatif du patient en per-opératoire, avec Laborit et Huguenard, il fût un des vrais acteurs de la reconnaissance de la spécialité par les chirurgiens et la faculté de médecine. Ceci est parfaitement relaté par Aimé Julia, dans son traité de médecine raisonnée, qui disait de lui : « Dans les années 50 l’apparition à Montpellier des premiers appareils d’anesthésie en circuit fermé, passionnément « bricolés » par Jacques Du Cailar, a apporté une très importante amélioration aux  statistiques de la chirurgie viscérale et autorisé des ouvertures nouvelles vers la chirurgie thoracique, la chirurgie vasculaire, la neurochirurgie, la chirurgie osseuse... »

Il fût très actif dans le développement scientifique et organisationnel national de la spécialité, par le biais de la société française d’anesthésie-analgésie puis de la SFAAR qui devint la SFAR en 1981. Homme du service public hospitalier, il mit toute son énergie au service des patients dont il avait la charge en tant qu’anesthésiste-réanimateur, chef de département et président de CME. C’était un homme de devoir, de parole et un « patron » remarquable. Parmi ses élèves directs, tous les hospitaliers, hospitalo-universitaires et chefs de département des CHU de Montpellier et Nîmes ont toujours tenté d’en assurer la filiation professionnelle.

Merci pour tout Monsieur.

Docteur Xavier Capdevila

Professeur à l’UFR de Montpellier

Chef du Pôle Urgences du CHU

Président de la SFAR  
 



 

Hommage au Docteur Françoise BALMES

Faire ses adieux est un art difficile que le cœur se refuse obstinément à apprendre. Chaque nouvelle perte engendre un nouveau sentiment d’oppression : le départ du Docteur Françoise BALMES m’a troublé et bouleversé profondément.

Elle était à la fois Hannah Arendt pour sa détermination, Simone de Beauvoir pour son engagement, Simone Veil pour sa pugnacité. Avec elles, elle incarnait le génie féminin fait à la fois de tact, d’endurance et d’amour. Ensemble, elles agissaient en singularité novatrice pour modifier profondément la condition féminine.

Une grande dame s’est éteinte : son professionnalisme indiscutable, rehaussé de qualités humaines empreintes de générosité et de sincérité, a toujours forcé l’admiration. L’éminente maïeuticienne qu’elle nous a enseigné l’art « d’accoucher les esprits pour mieux accoucher les corps ».

Hommage doit être rendu à cette femme de conviction pour l’œuvre qu’elle a accomplie dans l’essor et l’épanouissement de la gynecologie et de l’obstétrique montpelliéraines.

La voilà à présent ombre parmi les ombres. Notre affection reconnaissante l’accompagne tandis que, désorientés, hagards, nous tendons en vain nos mains qui retombent impuissantes à la retenir.

Adessias Françoise.

Docteur Joël SOUSSANA.
 


Hommage au Docteur Alain BAKHOUCHE

Si mes maîtres de la Faculté m’ont surtout apporté les connaissances et la science, le Docteur Alain BAKHOUCHE m’a appris que la médecine s’exerce aussi comme un art. Il faut pour cela des qualités humaines ; il les avait et elles ont fait de lui un médecin compétent et passionné, donnant ses soins en toutes circonstances, sans tenir compte des origines des uns et des autres.

Ses qualités de cœur, et sa voix douce qui rassurait les patients, ont fait de lui un médecin à tous les sens du terme.

Il a débuté son exercice en Algérie dans des conditions difficiles, avant d’arriver à Montpellier dans un cabinet qui très vite n’a pas désempli, ses patients lui étant très attachés. Dès mes premiers remplacements, il y a une vingtaine d’années, j’ai été impressionné par sa façon humaine d’aborder les malades.

C’était un médecin calme, constant même dans les situations les plus embarrassantes, dévoué, attentif, au diagnostic juste et précis, répondant toujours présent. Il m’a honoré de sa confiance en me choisissant pour lui succéder.

Très courageux et n’écoutant que son désir d’être utile, Il a travaillé malgré la maladie et, quelques semaines avant sa disparition, il donnait encore des consultations au Centre de Santé Paul Valéry.

Comme il savait tout concilier, sa vie familiale n’a pas souffert de son activité débordante : son épouse Béatrice, brillante universitaire et ses trois enfants, Fabrice, David et Sébastien ont eu une réussite professionnelle qui l’a comblé. Je pense à eux et leur dit toute mon affectueuse sympathie.  Je garderai le souvenir vivant de ce grand médecin.

Docteur André VIVOLA
 



Hommage au Professeur Henri MICHEL

Le Professeur Henri MICHEL est décédé en cette fin Janvier après un long combat contre la maladie qu’il a mené avec courage et discrétion. D’autres, mieux qualifiés que moi retraceront sa brillante carrière médicale, depuis l’internat des Hôpitaux en 1958 à ses fonctions universitaires et hospitalières. Il a donné un élan à la gastroentérologie montpelliéraine la faisant connaitre partout en France et au-delà. Mais c’est surtout l’homme passionné, l’artiste et l’ami fidèle que j’évoque.

Passionné, il l’était dans son activité quotidienne de médecin au service des patients. Il l’était dans la recherche et avait mis toute son énergie dans le combat qu’il menait pour faire connaître l’hémochromatose, pathologie qu’il a contribué à diagnostiquer et à soigner. La Lettre de l’Ordre publiait régulièrement les communiqués de son association.

Artiste il l’était. Il suffisait d’arpenter les couloirs de son service de l’Hôpital Saint Eloi pour de faire une idée de son goût pour la peinture moderne Il estimait que ses patients et son personnel pouvaient partager avec lui des moments d’émotion artistique dans un univers pas toujours très gai.

Je tiens aussi à évoquer l’ami fidèle attaché aux traditions. Depuis plusieurs années il animait le Club des Dinosaures fondé en 1979 par un groupe d’anciens internes de Montpellier dont le Professeur Pierre Bétouilière. Ce Club réunit chaque année pour un repas convivial les confrères ayant été reçus au concours 40 ans et plus auparavant. Il avait pris la suite des Professeurs Latour, Izarn et Michel Balmès.et nous recevait dans son vaste Domaine du Grand Malherbes à Aimargues. Il me faisait l’amitié d’organiser avec lui cette rencontre annuelle au cours de laquelle nous rajeunissions quelques heures, tant les souvenirs évoqués paraissaient proches. Il y a encore quelques semaines il s’inquiétait de la tenue la fête annuelle au cours de laquelle la promotion 1979 de l’Internat devait être conviée. Et il insistait pour qu’elle ait lieu même s’il n’y était plus me disait-il. Il en sera ainsi.

Le Conseil de l’Ordre des Médecins de l’Hérault salue sa mémoire et adresse à son épouse, médecin dermatologue et à ses enfants ses plus vives condoléances.

Docteur Marcel DANAN

2021


Docteur Edith AMSALLEM
née le 05/08/1960 – décédée le 14/05/2021
Professeur René BAYLET
né le 09/06/1923 - décédé le 05/09/2021

Docteur Paul BENOS
né le 18/01/1950 – décédé le 30/06/2021
Docteur Jacques BESSIERE
né le 14/04/1946 – décédé le 30/09/2021
Docteur Bernadette BOURRIER
née le 16/10/1958 – décédée le 20/01/2021
Docteur Hubert BOUISSON
né le 01/11/1949 – 22/02/2021
Docteur LOUIS BOURDIOL
né le 24/03/1931 – décédé le 12/10/2021
Docteur Rémy CABROL
né le28/09/1942 – décédé le 12/08/2021
Docteur Pierre CASTOR
né le 27/07/1948 – décédé le 26/04/2021
Docteur Marc CAUMEL LAVIE de SAUVEJUNTE
né le 19/03/1956 – décédé le 16/02/2021
Docteur Jacques COSTEAU
né le 08/02/1930 – décécé le 01/07/2021
Docteur Pierre COURNAC
né le 10/03/1944 – décédé le 22/06/2021
Docteur Pierre CRISTOL
né le 14/07/1927 - décédé le 16/06/2021

Docteur Bernard DENAT
né le 04/11/1931 – décédé le 21/02/2021
Docteur Michel DUPON
né le 02/04/1923 – décédé le 05/06/2021
Docteur Guy FLORI
né le 04/03/1936 – décédé le 20/02/2021
Docteur Jean-Pierre GARRIGUES
né le 17/08/1945 – décédé le 01/12/2021
Docteur Jacky GUEDJ
né le 12/02/1935 – décédé le 26/01/2021
Docteur Maryvonne GUILLEN
née le 09/12/1948 – décédée le 06/01/2021

Docteur Patrice GUISSART
né le 12/09/1946 – décédé le 01/01/2021
Docteur Jean-Claude MARTY
né le 15/07/1933 – décédé le 26/01/2021
Docteur Pierre PARENTI
né le 11/04/1932 – décédé le 28/09/2021
Docteur Marc PEPIN
né le 18/05/1937 – décédé le 20/05/2021
Docteur Max SAROBERT
né le26/021948 – décédé le 13/06/2021
Docteur José SOROLLA
né le 14/07/1944 – décédé le 23/08/2021
Docteur Jacques SYLVESTRE
né le 22/05/1936 - décédé le 25/02/2021
Docteur Michel TABARIE
né le 05/01/1934 - 04/06/2021
Docteur Pierre TALON
né le 10/12/1951 - décédé le 26/08/2021
Docteur Marlène VIALA
née le 08/10/1937 – décédée le 18/01/2021
Docteur Patrice VIC
né le 03/04/1945 – décédé le 27/08/2021

2020


Docteur Paul ALLIES
né le 14/06/1949 – décédé le 14/08/2020

Docteur Jean-Paul BOUSQUET
né le 13/03/1939 – décédé le 09/01/2020
Docteur Claude BOUR-NEGRAIL
née le 12/08/1942 – décédée le 29/08/2020
Docteur Claude BRUERE-DAWSON
né le 03/06/1937 – décédé le 15/12/2020
Docteur Jacques DELMAS
né le 10/02/1953 – décédé le 20/12/2020
Docteur  Roopnarain DEELJORE
né le 15/09/1942 – décédé le 18/07/2020

Docteur Michel DUCASSE
né le 23/03/1933 – décédée le 21/12/2020
Docteur Serge FABRE
né le 28/02/1926 – décédé le 02/03/2020
Docteur Jacques FLAMANT
né le 23/10/1932 – décédé le 11/12/2020
Docteur Joseph FRAYSSINET
né le 15/06/1930 – décédé le 28/09/2020
Docteur Bruno GRANIER
né le 14/07/1930 – décédé le 03/09/2020

Docteur Jean Marie LAISSAC
né le 29/03/1941 – décédé le 07/08/2020
Docteur Pierre LAZERGES
né le 03/02/1916 – décédé le 09/04/2020
Docteur Jacques LEPAGE
né le 22/06/1947 décédé le 27/03/2021
Docteur Claude MAURIN
né le 22/05/1940 - décédé le 13/02/2020
Docteur Elisabeth MARTIN
née le 22/06/1951  – décédée le 23/03/2020
Docteur Lise MARCHAND
née le 02/02/1925 – décédée le 19/01/2020

Docteur Henri MINC
né le 05/08/1932 – décédé le 02/10/2020
Docteur Claude PLAN
né le 13/06/1927 – décédé le 06/04/2020
Docteur Claude RIGAULT
né le 03/07/1927 – décédé le 19/05/2020
Docteur Jean-Paul TENT
né le 07/10/1945 – décédé le 01/02/2020
Docteur Gilbert TERRADES
né le 23/01/1926 – décédé le 13/09/2020


2019


Docteur Pierre AUBAS
né le 05/10/1953 – décédé le 30/11/2019
Docteur Célia AMEN
née le 02/01/1933 – décédée 03/12/2019
Docteur Gérard ATTAL
né le 02/03/1942 – décédé le 3/04/2019

Docteur Faycal BEN BOUALLEGUE
né le 24/12/1977 – décédé le 13/05/2019
Docteur Gérard BENOIST D’AZY
né le 18/09/1951 – décédé le 14/06/2019
Docteur Mireille BOIRAYON
née le 16 Janvier 1957 – décédée le 28/04/2019
Docteur Jean-Luc BRADITCH
né le 06/03/1931 – décédée 01/11/2019
Docteur Robert BRESSON
né le 10/07/1948- décédé le 06/03/2019
Docteur Didier CASTELNAU
né le 01/03/1943 – décédé le 09/03/2019
Docteur Louis CATHALA
né le 25/11/1930 – décédé le 20/07/2019

Docteur Jean-Paul CHABLE
né le 01/03/1945 – décédé le 26/02/2019
Docteur Françoise COMBES-MARESCHAL
né le 02/03/1942 – décédée le 13/06/2019
Docteur Jacques DEREURE
né le 03/01/1943 – décédée le 04/11/2019
Docteur Daniel FOUCAUD
né le 24/02/1942 – décédé le 14/02/2019
Docteur Serge GANANCIA
né le 02/03/1942 – décédé le 23/06/2019
Docteur Marie-Germaine HAON
née le 09/01/1943 – décédée le 11/05/2019
Docteur Renos IOANNIDES
né le 24/07/1944 – décédée le 02/11/2019
Docteur André JEAN
né le 21/03/1931 – décédé le 28/10/2018
Docteur Odile JEUFROY
née le 21/11/1940 – décédée le 25/11/2019
Docteur Christine MASSAC
née le 17/09/1948 – décédée le 23/11/2019
Docteur JEAN MAZEAU
né le 05/11/1932 – décédé le 31/12/2019

Docteur Gabrielle MEDARD
Née le 01/12/19326 – décédée le 21/03/2019
Professeur Henri MICHEL
né le 21/02/1931 – décédé le 24/01/2019
Docteur Jacques NICOL
né le 23/02/1932 – décédé le 09/10/2019
Docteur Phuong NGUYEN-DUY
né le 11/02/1959 – décédé le 12/01/2020
Docteur Jocelyne ORAISON
née le 16/02/1949 – décédée le 04/09/2019
Docteur Pierre PERIE
né le 09/03/1926– décédé le 20/01/2019
Docteur Christine RIGAUD
née le 04/01/1961 – décédée le 28/08/2019
Docteur Jean François ROLET
né le 02/08/1934 – décédé le 14/04/2019

Docteur Christine ROCA
née le 04/01/1961 – décédée le 28/08/2019
Docteur OLIVIER ROCHE
né le 02/03/1942 – décédé le 06/08/2019
Docteur Jean-François ROUAYRENC
né le 02/03/1942 – décédé le 06/06/2019
Docteur Antoine ROUQUET
Né le 08/05/1929 – décédé le 28/04/2019
Docteur André SENEGAS
né le 07/11/1927 – décédé le 23/01/2019
Docteur Marc SIMON
né le 10/04/1939 – décédé le 07/12/2019
Docteur Hélène THALER
née le 20/01/1932 – décédée le 07/01/2019
Professeur André THEVENET
né le 08/02/1927 – décédé le 23/12/2019
Docteur Nicolas VERNIER
né le 20/09/1937 – décédé le 03/08/2019

2018


Docteur Maurice ANDRAUD
né le 19/06/1930 – décédé le 18/09/2018
Docteur Bouasria BEN DJERBA
né le 21/01/1932 – décédé le 22/07/2018
Docteur Alain BAKHOUCHE
né le 10/11/1939 – décédé le 08/09/2018
Docteur Françoise BALMES
née le 30/10/1932 – décédée le 09/06/2018
Docteur Maurice BITAR
né le 05/10/1930 – décédé le 18/10/2018
Docteur Patrick CABANEL
né le 02/10/1953 – décédé le 09/06/2018
Docteur Jeanne CATTELAT
née le 13/02/1931 – décédée le 23/08/2018
Docteur Jeanne-Marie CAUSSE SANTORO
née le 30/08/1950 – décédée le 13/11/2018
Docteur Michel DELMAS
né le 26/04/1935 – décédé le 05/08/2018
Docteur Pierre DAVY
Né le 29/06/1926 – décédé le 16/072018
Professeur Jacques DU CAILAR
né le 23/05/1926 – décédé le 12/07/2018
Docteur Louis GOURGAS
né le 02/05/1922 – décédé le 07/09/2018
Docteur Anne GRANIER
née le 23/12/1975 – décédée le 08/09/2018
Docteur Bernard ICHER
né le 21/04/1947 – décédé le 06/10/2018
Docteur Claire JEAN
née le 21/08/1934 – décédée le 26/10/2018
Docteur André JEAN
né le 21/03/1931 – décédé le 28/10/2018
Docteur Anne LABAN
née le 06/04/1937 – décédée le 06/07/2018
Docteur Jean-Pierre LAMARCHE
né le 22/10/1943 – décédé le 17/04/2018
Docteur Madeleine MAS
née le 25/05/1928 – décédée le 30/03/2018
Docteur Henry MASSY
né le 10/03/1924 – décédé le 08/05/2018
Docteur Khanh NGUYEN DUY
né le 07/04/1954 – décédé le 24/07/2018
Docteur Marcel POURQUIER
né le 28/07/1928 – décédé le 30/10/2018
Professeur Michel ROSSI
né le 09/07/1943 – décédé le 26/11/2018
Docteur Lucien SIMON
né le 07/02/1930 – décédé le 13/09/2018

Docteur Myriam ZAROUK
née le 18/04/1949 – décédée le 06/11/2018

2017


Docteur Georgette NEMORIN
Née le 06/05/1923 – décédée le 01/06/2017