Vigilance renforcée face au risque d’émergence de la fièvre hémorragique de Crimée - Congo (FHCC) en Occitanie

Corps de texte

Message de l'ARS : 

 

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) est une infection virale principalement transmise par les tiques du genre Hyalomma. Ces tiques ont une prédilection pour les climats secs et les périodes chaudes. En France, elles se rencontrent principalement dans les milieux de garrigue et de maquis du pourtour méditerranéen, contrairement aux autres espèces de tiques, qui fréquentent davantage les zones forestières.

 

Le virus de la FHCC a été détecté pour la première fois en France en 2023 chez des tiques Hyalomma marginatum prélevées sur des bovins dans les Pyrénées-Orientales, puis en Corse. Également, des anticorps spécifiques ont été retrouvés chez des animaux domestiques et sauvages. La présence de tiques infectées dans le sud de la France confirme l’existence d’un risque d’émergence, même si, à ce jour, aucun cas humain autochtone n’a été diagnostiqué en France.

 

Une transmission est également possible par contact direct avec le sang ou les liquides infectés (fluides d’animaux ou d’humains virémiques, écrasement d’une tique). La contagiosité interhumaine a été documentée uniquement pour des patients symptomatiques.

 

La période d'incubation varie selon le mode de contamination : elle est habituellement de 1 à 3 jours (maximum 9 jours) après une piqûre de tique, et de 5 à 6 jours (maximum 13 jours) après un contact avec du sang ou des tissus infectés.

 

Dans ce contexte, l’Agence régionale de santé Occitanie appelle les professionnels de santé de ville à une vigilance particulière de mars à août, période principale d’activité des tiques adultes Hyalomma marginatum, avec un pic observé au printemps.

 

Il n’y a à ce jour pas de vaccin disponible contre ce pathogène mais un traitement antiviral peut être donné aux malades et aux soignants exposés dans certaines situations à haut risque.

Quand évoquer une FHCC ?

Le diagnostic doit être envisagé devant une fièvre d’apparition brutale, éventuellement associée à un syndrome pseudo grippal, puis, dans les formes sévères, à des manifestations hémorragiques. Il doit notamment être évoqué chez toute personne revenant d’une zone à risque, en particulier le bassin méditerranéen, y compris le sud de la France, l’Espagne et le Portugal, la Turquie, le Moyen-Orient, la Bulgarie, la Grèce, l’Albanie, la Géorgie, Ukraine, Russie, Afrique sub-saharienne, surtout en cas d’exposition aux tiques ou de contact avec du bétail.

 

L’interrogatoire doit alors rechercher :

 

  • Dans les 9 jours précédant le début des symptômes, une piqûre de tique
    • en l’absence de signes hémorragiques, l’identification de l’espèce Hyalomma est nécessaire ;
    • en présence de signes hémorragiques, l’espèce de la tique peut rester incertaine.

 

  • Dans les 14 jours précédant le début des symptômes :
    • un contact avec un liquide biologique sur muqueuse ou peau lésée ;
      • d’un patient ;
      • d’un animal dans une zone à risque ou provenant d’une zone à risque depuis moins de 7 jours.
    • une exposition commune au cas confirmé.

 

En présence d’un tableau clinique et d’une exposition compatible avec une FHCC :

  1. Isoler le patient dans une pièce dédiée et limiter le nombre d’intervenants ;
  2. Lui faire porter un masque chirurgical et appliquer rigoureusement les précautions standard, complétées par des précautions de type contacts et gouttelettes ;
  3. Porter des équipements de protection adaptés au risque d’exposition : gants, surblouse, protection respiratoire et protection oculaire ;
  4. Éviter tout geste invasif, prélèvement biologique ou transfert non préalablement organisé ;
  5. Contacter sans délai le SAMU – Centre 15 afin d’organiser l’évaluation infectiologique, le classement du cas et, si nécessaire, son orientation vers une structure adaptée, en lien avec l’établissement de santé de référence régional pour le risque épidémique et biologique ;
  6. Signaler immédiatement la suspicion au point focal régional de l’ARS Occitanie :

Il est important de ne pas orienter directement le patient vers un laboratoire de biologie médicale, un service d’urgence ou une consultation spécialisée sans concertation préalable. Les modalités de prélèvement, de conditionnement et de transport des échantillons doivent être définies et mises en place avec les autorités sanitaires et les équipes spécialisées et formées.

Informer les personnes exposées :

Les personnes exerçant une activité en milieu naturel, agricole, vétérinaire ou en abattoir doivent être sensibilisées aux mesures de prévention : port de vêtements couvrants et clairs, chaussures fermées, inspection du corps après une activité extérieure, retrait rapide des tiques avec un tire-tique et port de gants lors des contacts avec des animaux ou leurs tissus.

Votre vigilance est essentielle pour permettre la détection précoce d’un éventuel cas, protéger les professionnels de santé et prévenir toute transmission secondaire. L’équipe de la CVAGS reste à votre disposition et vous prie de recevoir, chère Consœur, cher Confrère, nos plus cordiales salutations.

Pour aller plus loin : HCSP 2024, Santé publique France 2025, Transmission, exposition et prise en charge : en pratique pour les professionnels de santé - Ministère de la Santé, de la Famille, de l'Autonomie et des Personnes handicapées ; Centre National de Référence (CNR) des Fièvres Hémorragiques Virales - Institut Pasteur